L'appel du large

Les aventures d'une petite bretonne expatriée en Autriche

Premiers pas dans ma nouvelle ville

Je vous ai lâchement abandonnés alors que je faisais la découverte de mon appartement et de mes colocataires dans l’article précédent. Avant de me lâcher dans un nouvel épisode de storytelling, je vous repose un peu le contexte. L’appartement que j’ai trouvé, c’est une colocation de 5 personnes. Particularité importante : ma chambre n’est pas dans l’appartement, mais sur le palier. C’est un peu relou, mais c’est comme ça, ma recherche de coloc a été tellement difficile que j’ai accepté direct quand ils m’ont proposé d’habiter avec eux. Colocation à 5 donc, avec 3 filles et un garçon, tous germanophones de naissance (3 autrichiens et une allemande). Ce qui implique de devoir parler en allemand. Je pourrais leur demander de me parler en anglais, mais je veux pas : je dois progresser, je veux parler allemand couramment, alors ça implique de s’entraîner, faire des erreurs pour pouvoir se corriger. Et puis pour la vie de coloc c’est mieux.

Reprise du storytelling donc, quand on arrive moi et David (le mec qui part de l’appart et me laisse sa chambre), ils sont deux à l’appartement, dont Michael, le “Hauptmieter” (locataire principal, celui qui est en contact avec le proprio). Ils sont cool, on discute tous les 4, c’est l’anniversaire de Michael alors on commande à manger, et en attendant que ça arrive il m’explique tout le fonctionnement de l’appart. Parce qu’il s’avère qu’ils ont une application pour tout, dans cet appart : une application pour le planning de ménage et la liste de courses communes, une autre pour ouvrir la porte (elle a une serrure à code, mais je peux aussi l’ouvrir avec mon téléphone), une autre pour le système de chauffage géré de façon intelligente avec programmation, possibilité de le régler à distance et tout, plus un groupe de conversation sur telegram, et enfin un google doc pour les courses. Rien que ça. On a passé bien 30 minutes pour qu’il m’explique tout ça et que j’installe toutes les applis sur mon téléphone. Sacrée organisation.

L’appart en lui-même, je le trouve pas ouf. Il n’y a pas de salon, juste une cuisine avec un table pour manger, et une salle de bain pas très grande pour 5 (avec toilettes à part quand-même). On verra à l’usage comment je m’y sens, et si je veux déménager à un moment donné pour avoir un peu plus de confort. Rien qu’avoir une chambre qui ne soit pas sur le palier ce serait cool. Mais bon, il est correctement aménagé malgré le manque de place, très bien équipé en matériel de cuisine et tout, et ils ont laissé les décorations de Noël, c’est mignon. Alors pour le moment il va faire largement l’affaire. Ma chambre est déjà partiellement meublée avec un lit et une armoire (plus un lavabo), il faudra que je m’achète quelques meubles et autres trucs en plus.

Une fois qu’on a fini de manger, je commence ma mission installation. Priorités du jour : faire quelques courses de première nécessité (des pâtes et du pesto en gros), et acheter une couette. Bah oui, vu le froid c’est quand-même mieux. J’ai demandé conseil à mes colocs (ça paraît évident mais l’avantage d’être en coloc, c’est qu’on est pas tout seul, et quand on arrive dans un endroit où on connaît personne c’est pas rien), qui m’ont indiqué les supermarchés les plus proches, et un magasin de meubles pour acheter ma couette en click & collect (confinement oblige). Je commence par les courses, en me disant que peut-être que je trouverai une couette au supermarché. Mauvaise pioche : non seulement il n’y a pas de couette, mais en plus le supermarché est vraiment pas ouf. J’achète quelques trucs quand-même pour pouvoir survivre jusqu’au lendemain (mais j’ai regretté, le pesto d’une marque inconnue que j’ai acheté est vraiment pas bon). Du coup, j’achète ma couette en ligne, en espérant que ma commande sera prête dans la journée. Encore une fois mauvaise pioche : elle arrivera le lendemain seulement.

Présenté comme ça, ça paraît être vraiment une journée compliquée. Mais en fait pas tant que ça parce que tout a fini par bien se goupiller. Certes je n’ai pas de couette, mais une de mes colocs me prête une couverture, je monte le chauffage grâce à la super appli de chauffage intelligent, et je me couvre un peu : j’ai quand-même passé une bonne nuit. Mes courses étaient pas folles, mais de toute façon le soir avec une autre de mes colocs et toujours Michael, on a re commandé à manger. La déception du pesto n’aura lieu que le lendemain. Et surtout, malgré le fait que cette journée était déjà très remplie, j’ai quand-même pu me balader un peu dans la neige et m’acheter un vélo. J’en ai absolument besoin pour aller au travail (et aussi pour me déplacer en ville, je préfère le vélo aux transports en commun), et j’en avais repéré un d’avance sur le site de petites annonces locales (willhaben.at, pour ceux que ça intéresse). Le vendeur m’a proposé de le récupérer dès le jeudi, alors j’ai accepté et traversé une bonne partie de la ville en bus pour le récupérer. Petit effort qui en valait la peine, le vélo est cool. Donc au final ça a été une journée productive et positive.

Les jours suivants avant de commencer à travailler, je veux les utiliser pour m’installer au mieux et me créer des repères dans cette nouvelle ville. Alors je prends le temps de bien ranger mes affaires, d’aménager ma chambre et de réfléchir aux meubles que je vais acheter. Je découvre d’autres supermarchés pour me faire des vraies provisions et avoir une meilleure idée des repas que je peux me faire (autre pays = autres habitudes alimentaires et autres produits, alors il faut s’adapter). Et surtout, je vais vadrouiller un peu en ville. Et vraiment, je suis hyper contente. C’est trop beau.

Le lendemain de mon arrivée, je m’étais fixé un objectif de vadrouille précis : aller vers le centre-ville et la Hauptplatz, puis le Danube. Là pour le coup, je retrouve un terrain connu. Petit retour en arrière : mon entreprise m’avait payé un petit séjour de 2 jours en Autriche en octobre, avant que je leur donne mon accord définitif, pour que je puisse rencontrer mes futurs collègues, visiter l’entreprise, et découvrir un peu l’environnement. J’avais un hôtel pour une nuit sur la Hauptplatz, et j’avais pu visiter un peu le centre-ville avec mon chef en tant que guide (il habite Linz). Après qu’il m’ait laissée, je suis retournée me promener un peu seule, sur les bords du Danube, et je m’étais installée sur un rocher pour réfléchir à tout ça et à ma décision. L’endroit était cool, et je m’étais alors donné rendez-vous pour quelques semaines/mois plus tard sur ce rocher, une fois installée. Là, avec la neige, je n’ai pas pu me poser sur le rocher, mais la vue depuis la plage était incroyable. Et à ce moment précis, d’un coup, le stress du voyage et les tensions accumulées depuis des semaines avec le confinement etc, tout ça n’existait plus. Je suis restée longtemps sur cette plage, j’avais les mains gelées (note à moi-même : acheter des gants plus chauds), mais j’étais bien.

C’est beau non ?

J’ai encore beaucoup de chemin à faire, j’ai l’impression de devoir tout réapprendre ici. J’ai pas encore les codes de ce nouveau pays : je ne sais pas comment dire bonjour (je connais les mots, mais pas lequel convient dans quelle situation), je ne sais pas comment répondre au téléphone, j’apprends doucement les différences de vocabulaire entre l’Autriche et l’Allemagne (par exemple, pomme de terre se dit Kartoffel en Allemagne, et Erdapfel en Autriche, ce qui du coup est une traduction littérale de notre pomme de terre en français (Erde = terre, Apfel = pomme)). Alors j’écoute, je copie les autres, et quand je fais des erreurs, bah tant pis, il faut accepter de passer parfois pour un.e débile quand on s’installe dans un nouveau pays. Tout ça viendra progressivement, je sais qu’il me faudra du temps, mais je suis déjà satisfaite de mon installation.

Je pourrais encore vous parler de plein de choses ici, du “confinement” autrichien, de Linz, de mes différentes balades, du froid… mais je pense que tout ça attendra un prochain article !

Emilie

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